Fidelio
Deux siècles après la mort de Beethoven, le Théâtre Impérial - Opéra de Compiègne délivre son unique opéra dans une forme inédite, taillée pour sept solistes, un octuor à vent et une contrebasse. Fidelio y gagne le nerf d'un thriller et la fièvre d'un huis clos.
Tout part d'une femme. Leonore sait son mari, Florestan, enfermé quelque part dans la prison secrète de Don Pizarro, condamné à disparaître sans jugement. Elle dissimule ses cheveux, endosse l'habit d'un jeune geôlier et se glisse sous le nom de Fidelio jusqu'au fond des cachots. Il faudra une sonnerie de trompette, lointaine et salvatrice, pour que la lumière l'emporte enfin sur l'ombre.
La partition ne perd rien à cette cure d'amaigrissement, au contraire. En s'appuyant sur l'arrangement pour vents que Wenzel Sedlák signa du vivant de Beethoven, puis en lui rendant ses voix, Gabriel Pidoux et l'Ensemble Le Chapitre resserrent le drame jusqu'à l'os.
La metteure en scène Pauline Laidet situe l'action hors du temps et hors des cartes. Pas de geôle historique, pas d'Espagne de convention, mais un lieu mental où se lisent toutes les captivités, celles d'hier et celles d'aujourd'hui. À mesure que l'on s'enfonce vers la cellule de Florestan, le plateau s'assombrit et le spectateur descend avec les personnages.
Reste l'essentiel, ce que Beethoven a confié à une héroïne plutôt qu'à un héros : le courage d'une femme, une idée de l'amour fondée sur l'égalité, et cette conviction que la justice finit par forcer les portes. Dans un monde qui n'en a pas fini avec l'arbitraire, l'appel de Fidelio n'a rien perdu de son urgence.
Production : Théâtre Impérial - Opéra de Compiègne, Centre de production lyrique des Hauts-de-France.
Coproduction : ScénOgraph - Théâtre de l'Usine, Opéra de Rennes, Atelier Lyrique de Tourcoing
Avec le soutien du Centre National de la Musique et de la SPEDIDAM
Opéra de Ludwig van Beethoven
D’après un arrangement instrumental historique de Wenzel Sedlák
Librettiste Joseph Sonnleithner inspiré de la pièce de Jean Nicolas Bouilly
Gabriel Pidoux Direction musicale
Pauline Laidet Mise en scène
Antoine Franchet Scénographie, lumières
Aude Desigaux, Irène Bernaud Costumes
Eric Rouchaud Direction artistique de production
Margaux Poguet Leonore, soprano
Thomas Bettinger Florestan, ténor
Marie Lombard Marcelline, soprano
Jean-Vincent Blot Rocco, basse
Christian Helmer Don Pizarro, baryton-basse
Romain Dayez Don Fernando, baryton-basse
Yoann Le Lan Jaquino, ténor
Ensemble Le Chapitre Octuor à vent, contrebasse
Durée : 1h45
Chanté en allemand, surtitré en français, texte parlé en français