Le Père
André perd la mémoire, et le spectateur avec lui. Pierre Arditi et Irène Jacob s'emparent du Père de Florian Zeller, pour une plongée vertigineuse dans une conscience qui se défait.
André a quatre-vingts ans et vit chez lui ou chez sa fille. Sa montre a disparu, à moins qu'on la lui ait volée. L'homme qui entre est son gendre, ou un inconnu. Anne part à Londres, ou ne part pas.
Le coup de génie de la pièce tient à sa construction. Elle ne raconte pas la maladie, elle la fait éprouver. Les scènes se rejouent avec d'autres acteurs, les décors s'appauvrissent, les repères tombent un à un. Le spectateur perd pied exactement au même rythme qu'André, jusqu'à ce vertige de devenir un jour l'enfant de ses enfants.
Créée en 2012, jouée dans plus de cinquante pays, couronnée d'un Molière puis portée à l'écran par son auteur, la pièce est devenue l'une des plus jouées au monde. L'adaptation a valu deux Oscars, dont celui du meilleur acteur pour Anthony Hopkins. Pierre Arditi prête à André sa fantaisie et sa fêlure, imposant et soudain démuni comme un enfant. Irène Jacob donne à Anne la douceur inquiète d'une fille qui ne sait plus comment aider.
Production : Pascal Legros Organisation en accord avec le Théâtre Edouard VII
Florian Zeller Texte, mise en scène
Bruno de Lavenère Scénographie
Laurent Castaingt Lumières
Pierre Arditi André
Irène Jacob Anne, sa fille
Chloé Lambert Laura
Stanislas Stanic Pierre
Carolina Jurczak Une femme
Vincent Deniard Un homme
Durée : 1h30